mardi 2 janvier 2007
Des perspectives nouvelles : après dix ans de résistance contre l’occupation étrangère et 14 ans de guerre civile, l’Afghanistan est entrée dans une période de reconstruction. MADERA entend servir la construction de la paix, soutenir les populations et contribuer au rétablissement de l’Etat.
Des sociétés locales fortement déstabilisées par les déchirures de la guerre et de multiples exodes vers les pays voisins ou vers d’autres régions d’Afghanistan, par les destructions des infrastructures et des économies locales. En aidant la reconstruction des économies rurales et le renforcement des organisations sociales, MADERA s’emploie à favoriser le retour des réfugiés et le rétablissement de meilleures conditions de vie économiques et sociales.
MADERA agit avec persévérance pour le renforcement des dynamiques de développement des communautés rurales et la construction de leur capacité à développer leur territoire. La relation que MADERA entretient avec ses partenaires afghans repose sur le respect et le renforcement de leur autonomie. L’élaboration de projets de développement, partant des groupes ruraux eux-mêmes, renforce la délibération collective au sein des communautés.
Le processus de responsabilisation des cadres afghans dans la conception des programmes, la recherche de financements, la réalisation, la gestion financière et l’évaluation des actions constituent un enjeu essentiel. Cet objectif ne peut être atteint sans un effort permanent de formation mutuelle de tous les cadres, afghans et expatriés, effort mobilisant toute l’organisation. Ainsi, les cadres afghans acquerront les qualifications requises pour assumer des responsabilités dans un pays sorti de la guerre.
Ils sont directement liés à ces orientations générales. Dès lors, l’action de MADERA doit être engagée et évaluée au regard de critères comme : la prise en mains par les populations de leurs propres conditions de vie présentes et à venir, l’exercice des responsabilités effectives par les cadres afghans.
La nature des actions n’est pas indifférente :
Elles ont toutes pour objet l’amélioration des conditions de vie des populations. La réhabilitation des infrastructures de base mais aussi les équipements et les services collectifs constituent des besoins essentiels et prioritaires. D’autres concernent l’accès aux moyens de production individuels et collectifs. L’articulation des actions entre elles et surtout la prise en compte globale des besoins des personnes dans les divers domaines de leur vie sont les conditions du développement (approche intégrée).
La manière dont ces actions sont identifiées et décidées est essentielle :
Les modalités d’intervention de MADERA supposent une liaison étroite avec les communautés villageoises pour décider des objectifs, du contenu et des formes des actions. L’initiative peut venir soit des communautés soit de MADERA. Les cadres de MADERA doivent à ce titre réunir les connaissances et acquérir les compétences nécessaires pour susciter l’émergence et accompagner la mise en œuvre de projets de développement territoriaux intégrés : connaissance de l’organisation des sociétés locales, utilisation du diagnostic participatif, élaboré en association étroite avec les populations.
La participation des communautés tout au long du processus est une exigence :
La participation active des populations est indispensable à une réussite durable des actions entreprises : participation au processus de décision pour engager l’action, à la conception technique des ouvrages, à la réalisation et au financement, à l’évaluation de l’impact de l’action et à la mise au point des processus de gestion ultérieurs.
La nature des financements des programmes d’action n’est pas indifférente :
La connaissance des communautés villageoises ainsi que des conditions spécifiques des régions concernées doit permettre à MADERA d’entretenir une relation privilégiée de collaboration avec les différents bailleurs de fonds, de leur exposer la situation locale et de leur proposer les projets les plus efficaces et les mieux adaptés aux contraintes particulières du terrain. Des crédits d’ingénierie, d’appui aux études préalables, aux diagnostics participatifs doivent être mobilisés pour approcher les communautés, identifier avec elles leurs projets et organiser la cohérence des actions dans la durée.
La transparence financière, vis-à-vis des communautés et de leurs représentants, est une condition de la bonne utilisation des financements et de l’efficacité des actions.
Vis-à-vis des bailleurs de fonds, MADERA doit viser davantage la réalisation des actions du programme qu’une soumission aveugle aux modalités d’exécution prévues initialement, qui doivent pouvoir être modifiées en vue d’une meilleure efficacité des actions.
L’action de MADERA doit contribuer à la consolidation des institutions publiques :
Tenant compte de la situation nouvelle de l’Afghanistan, MADERA doit s’en tenir au rôle d’une ONG, après avoir joué pendant de longues années, comme d’autres ONG dans ce pays, celui de substitut de l’administration. Il s’agit à présent pour MADERA de travailler avec l’Etat nouvellement mis en place, pour sa consolidation et le renforcement continu des compétences locales.
La valorisation de l’expérience de MADERA et des autres ONG vise à rompre l’isolement des communautés afghanes.
Compte tenu de sa présence continue sur le terrain, MADERA diffuse des informations sur les conditions de vie des communautés afghanes et souhaite contribuer ainsi au rapprochement entre les populations afghanes et celles d’autres pays, notamment en développant les contacts et les échanges entre les communautés du Nord et celles du Sud.